Nanti de mes billets de bus et de ma réservation dans une auberge de jeunesse, je parti jeudi soir pour la capitale de l'Allemagne.
Accompagné de deux charmantes amies pour ce voyage, María de las Mercedes de Borbón-Dos Sicilias, ambassadrice d'Espagne Catalanisante et Érato, représentante de la république d'Arménie attachée au ministère de l'économie post-sovétique.

Les trajets se faisaient en bus, de Copenhague à Berlin, départ vendredi matin à 6h30, retour lundi soir à 22h40. Pourquoi m'attarde-je sur les horaires ? Pour une simple question de calendrier et de fêtes chrétiennes.
Ce qui est amusant à noter, c'est que la facilité avec laquelle on arrive à Copenhague depuis Lund est en règle générale assez déconcertante. On arrive à la gare, on attend pas plus de 20 minutes et on grimpe dans un train qui nous conduit en à peine 45 minutes à l'aéroport, comptez environ 10 minutes de plus pour le centre-ville.

Ce qui est cependant ironique c'est que les jours fériés rendent cette règle quelque peu caduque, à plus forte raison la nuit.

Et se rendre à 6h à Copenhague un jour férié chez les suédois nécessite une grande patience ainsi qu'une préparation appropriée. Leur site voyages-sncf-ikea me disait quelques jours avant que le seul moyen étant de se cogner 3 changements de train pour un voyage d'environ 2h. Mais la veille au soir, la gentille guichetière me dit que non, le seul moyen est de prendre un train à 1h30 pour arriver vers 3h au Danemark. Soit environ 3 heures d'attente en pleine nuit. L'attente en question fut organisée à la hussarde. Après avoir trouvé le point de rendez-vous, se trouver un abri pour patienter. Pas d'abri à proximité. Seul salut possible, se terrer dans un bar ou équivalent en centre-ville.
Le centre-ville était bourré de jeunes célébrant la résurrection du Messie d'une manière que Dominique de Guzmán aurait trouvé assez éloignée des fondamentaux. J'en veux pour preuve l'état du MacDo dans lequel nous cherchions asile, complètement dévasté telle la Russie après le passage de l'ouragan Napoléon au XIXe siècle. Une armée de gens suralcoolisés au comptoir, des déchets partout... Une table presque vide de détritus nous appela au premier étage, nous en fîmes notre base de repli pour un temps. Autour de nous des détritus et une jeune fille endormie dans une position peu confortable entre la banquette et la table et qui a vraisemblablement vomi avant de s'assoupir... Nous ne pûmes rester toute la nuit car cet établissement fermait à 4h, après quoi nous allâmes au Burger King d'à côté qui lui était encore ouvert mais dans un état à peine meilleur. Bien qu'ayant moi-même travaillé plus de deux ans dans des établissements pareils, je n'ai jamais vu ca et plains sincèrement les camarades travailleurs qui ont dû nettoyer après...

Vers 5h30 donc nous repartîmes au point de rendez-vous afin d'espérer dormir enfin dans ce bus, qui bien entendu arriva en retard mais bon, il est quand même arrivé. Je m'assoupis assez rapidement malgré l'inconfort inhérent à ce genre de transports et me réveilla en sursaut quand je vis le bus à l'arrêt après seulement 1h30 de trajet. On était en fait dans un ferry qui allait de je-ne-sais-où à je-sais-pas-non-plus en à peine 1h45. Un accostage et une sieste plus tard et nous arrivâmes à Berlin vers 13h30

Si vous ètes toujours là, vous serez sûrement aussi étonné que, tel un Dostoïevski, j'ai couvert seulement le voyage allé. Peut-être parce que c'était assez épique aussi...

Je peux donc narrer le coeur du sujet, à savoir cette ville chatoyante qu'est Berlin.

Le premier truc qui frappe, c’est la langue. Vous savez ce que c’est, on arrive sur place, boum… En fait, c’est quand on commence à entendre les gens parler, que là… là, on se dit : ch’uis pas chez moi. Cela dit ils font des efforts eux aussi sur l'internationalisation en ce qui concerne le tourisme. Bien généralement les gens parlent anglais, et ce qui me reste de mon allemand du lycée m'a sauvé une ou deux fois quand je tombais sur l'alter égo des francais en France.

Pour résumer, il faut dire que, bien que ce soit assez passionnant, Berlin respire quand même le passé qui nous rend pas fier en tant qu'être humain. La plupart des musées et monuments locaux concernent soit la guerre (les guerres d'ailleurs), soit la période de tension américano-soviétique. Sur ces thèmes, j'ai pu visiter pêle-mêle la porte de Brandenburg, le musée historique de berlin, un ancien bunker anti-atomique, Postdam (le passage sur la conférence de Postdam et le village de vacances du KGB j'entends), le Musée National... Dans beaucoup de cas, quand on lit la bio de l'endroit, on nous explique que ca a été détruit pendant la guerre mais reconstruit depuis. J'étais d'ailleurs dans un hotel juste à coté de l'eglise du souvenir, une église détruite mais pas reconstruite pour que l'on oublie pas que la guerre c'est mal. En même temps, à Berlin, ils ne célèbrent pas vraiment la victoire des alliés, ils la jouent plus profil bas.

Dans un style plus guilleret, il y avait quand même Postdam, très campagne bourgeoise avec sa porte de Brandenburg qu'elle est mieux que celle de Berlin parce que plus belle et plus grande et plus ancienne et tout et tout, ses châteaux, son moulin, ses parcs, son Palais de Sanssouci, il y avait également le château de Charlottenburg et ses rois prussiens qui ne parlaient que le francais parce que l'allemand c'est pour le bas-peuple, et ses pièces remplies de richesses...

Le voyage de retour fut à peine moins mouvementé que l'aller. Bien évidemment impossible de rentrer à Lund parce que le dernier train était à 22h15 et qu'arrivant à 22h40 c'est difficile, donc tant pis, on prend un train pour Malmö et après à Malmö, on a partagé un taxi avec un couple qui, bien qu'autochtone, fut aussi étonné que nous de ne pas trouver de train à cette heure-là...